Jeudi 21 août 2008
Quand vous rencontrez Markus, vous remarquez de suite son regard bienveillant. Sa gentillesse et sa dignité se lisent en effet sur son visage.
Pour peu que vous connaissiez son peuple, vous vous dites, ce n'est pas surprenant, il est indonésien !

Au delà d'être indonésien, Markus est aussi guide pour les touristes au pays Toraja, au fin fond des îles Zulawesi.
Des touristes, il en gère dix à la douzaine, des sympas, des moins sympas, des gens ayant l'intelligence du voyage, d'autres qui l'ont moins, certains qui le respectent, d'autres qui le prennent pour leur "boy", des italiens, des japonais, des espagnols, des français...Leur seul point commun : tous négcocient le prix !
Comme partout, ses clients représentent la diversité du monde. Et s'il veut gagner sa vie, Markus se doit de les satisfaire quelqu'ils soient.
On pourrait se dire qu'il a du courage et qu'il le fait car il n'a pas le choix. Peut-être mais pas seulement.
Ce qui est sûr, c'est qu'à aucun moment, le client ne ressent cette nécessité.

Tout d'abord, Markus est clair et franc dans ses propos.
Il cree la confiance.
il est souriant, d'humeur égale. Ca parait basique mais...
Ensuite, il observe, écoute attentivement ce que vous lui dites, ou ne lui dites pas. Il vous ressent en quelque sorte.
A partir de là, il propose, organise, adapte avec toujours le même objectif qu'il poursuit avec sincérité : vous satisfaire.
"Do the best for you" comme il dit.
Il s'adapte, oui, mais à aucun moment ne se renie ou ne prend une position d'infériorité. Au contraire, il s'affirme avec tout ce qu'il peut vous faire découvrir; sa compétence s'exprime d'elle-même avec naturel et sérenité.
L'authenticité et l'intelligence de son attitude forcent le respect. Il cree une relation humaine d'une telle qualité que vous avez soudain envie d'être d'aussi bons clients qu'll est un bon guide. Il vous grandit.
Plus il vous connait, plus il anticipe vos désirs, plus vous vous sentez bien avec lui.

A la fin du séjour, pour le remercier de ce qu'il vous a apporté, malgré votre négociation,
vous êtes prêts à lui donner plus.

Et là, bien que devant nourrir 5 enfants, il vous dit : "non, une négo est une négo."
" Mais que pouvons-nous faire pour te remercier Markus? "
" Revenez-voir mon pays et dites à vos amis de venir le découvrir; je  les accompagnerai en donnant le meilleur de moi-même"

Jusqu'au bout, il reste pro et chaleureux à la fois. Partie intégrante de ses valeurs, son humanisme paraît inné, et il fait du bien !

Un sens du service et de l'accueil inégalé qui n'est pas restreint à Markus mais largement répandu au sein de ces 17500 îles. On peut se demander pourquoi. Un gêne ? Une culture ?
Peut-être mais ce que l'on peut noter, c'est que...
Markus, comme Denis, ou Iwan ou tant d'autres indonésiens que nousa vons rencontré ont tous un point commun : forts de leurs valeurs et fiers de ce qu'ils sont, ils ont à coeur de faire partager cela, et de le faire dans une relation constructive pour l'utilité de tous.

Au delà de leur sourire et de leur ouverture aux autres, peut-être ont-ils compris bien avant nous et sans le savoir ce que veut dire développement durable !
par Maud C. publié dans : Matières à réfléchir
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Jeudi 6 mars 2008
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par Maud C. publié dans : Matières à réfléchir
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Mercredi 5 mars 2008
Kigali, 11 Juillet 1994

Patrick,

J’ai enfin réussi à trouver au fond de ce trou, du papier et de quoi écrire. Au fond de ce trou. Tu  ne peux imaginer la sensation que j’éprouve à sentir à nouveau la sève de mes mots circuler dans mes veines et se poser enfin sur le papier. Ici, nous ne pouvons vivre ou penser sous peine d’être torturé. J’écris par bribe lorsque nos gardiens ont le dos tourné et qu’ils ne braquent pas leurs mitraillettes sur nous. Il fait chaud, la lumière se fait rare, la poussière m’étouffe; il m’est interdit de bouger, de parler, ni même d’exister. Je ne sais pas si cette lettre te parviendra un jour mon ami mais cela n’a presque plus d’importance. Derrière les mots sur la page se trouve ma survie. Et c’est tout. Le temps a volé en éclats. Et nous ne survivons qu’avec sa mie.
Cela doit faire cent ans au moins que je suis là, enfermé dans ce trou à rat. Parce que nous ne sommes pas mieux traités que des rats. Nous ne sommes plus des humains, Patrick. Nous avons été emprisonnés parce que notre métier était de témoigner des évènements du monde, parce que nous voulions aller plus loin, parce que nous cherchions à expliquer la part d’humanité de ce qui se passe ici, à prouver justement que nous sommes tous des humains; mais ils n’en sont plus, non, ils n’en sont plus. Et nous non plus (Silence). Leurs âmes se sont définitivement perdues et les nôtres s’éloignent peu à peu. Mon seul espoir de ne pas perdre la mienne à tout jamais est de poser des mots sur ce papier. Des mots qui deviendront des  idées, des idées qui formeront une histoire. Peut-être une histoire inventée quand je n’aurai plus rien  à raconter mais une histoire qui me tiendra en vie, une histoire qui sera le fruit de mon imaginaire, pour preuve que je suis encore un être humain, que des pensées peuvent encore naître de mon esprit, que des émotions sont encore capables  d’éclore au sein de mon être.
Tu vois, mon ami, tout est chargé de signification. Ce que je vis aujourd’hui me prouve à quel point je suis et veux rester un homme avec tout ce que cela suppose et signifie.


William.
par Maud C. publié dans : Matières à réfléchir
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Mercredi 5 mars 2008
A travers la fenêtre, elle passa son corps long et anguleux. Lentement, elle enjamba le bas de la fenêtre comme pour rejoindre cette étendue verte pleine de vie et d’espoir. Le temps d’une absence, elle avait fait ce geste qu’on aurait pu croire suicidaire. Et s’était assise calmement.
Sa silhouette se dessinait si nettement dans cette fenêtre immense qu’on aurait pu la peindre comme une ombre chinoise dans l’émeute des lumières du jardin.
C’est dans ce jardin qu’elle avait eu  les plus grandes émotions de son enfance. Et c’est là qu’elle aimait à se retrouver . C’est pour renouer avec le plus clair visage d’elle-même, qu’elle s’asseyait inlassablement sur cette fenêtre, face à cette tendresse que lui offrait alors la nature. C’était là et surtout là que se produisait pour elle la magie de se sentir à nouveau en connexion avec la terre, avec ses racines, avec elle-même tout simplement. Peut-être était ce l’image de ce sapin, qui ne lui appartenait pourtant pas, mais qui immuablement attaché à ce jardin, lui procurait cette énergie intérieure bâtisseuse.
C’était pour cette voyageuse intrépide qui s’ennivrait de l'inlassable tourment de ses escapades, un moment nécessaire; comme le ying a besoin du yang, son être avait besoin de partir pour s’enraciner, de s’enraciner pour partir.
En regardant cette scène de nature, elle disait souvent : “Voici un arbre, voici la vie, voici mes yeux”.
Son père ne comprenait pas. Lui, qui, employé dans une entreprise de la ville voisine depuis plus de 30 ans, n’avait jamais quitté son pays natal. Il ne percevait pas la philosophie empreinte de liberté et d’attachement à la fois, de sa fille bien-aimée. Il ne comprenait pas mais la voyait toujours “revenir au nid” comme il disait. Et pour lui, c’est tout ce qui comptait.
Un  jour, cependant, il lui demanda pourquoi elle, qui parcourait le monde et photographiait des choses sûrement mille fois plus belles, était tant attachée à regarder cet arbre durant des heures.
Elle lui sourit,…et lui répondit en l’embrassant :
“C’est pour ne pas oublier quel a été mon premier vrai regard sur le monde. C’est simplement pour ça, mon beau papa.” 
par Maud C. publié dans : Matières à réfléchir
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Mercredi 5 mars 2008
Je sais
La journée est brève
J'ai tant à faire
J'ai tant à espérer
J'ai accepté
Ma feuille de route est là
Elle est devant moi
Je l'ai choisie
Etre là
C'est mon choix
Je vais prendre le temps
A mon bureau
Au café
Prendre le temps de forger, imaginer, manier, remanier, malmener, triturer,
Mes idées.
C'est mon poste
Pour cela, je ne garde rien.
Je dis tout
J'écris tout
Je donne tout
A mon ordinateur.
Je ne sauvegarde rien
Sauf peut-être un peu de moi-même
Je cherche
Je cherche
Puis soudain trouve.
Je trouve l'idée, l'image
Elle me plaît
Alors je travaille.
Je réfléchis, rêve, explore,
Et je modifie
sans relâche
oui, sans relâche
Sans relâche,
Je prends un thé,
Mon esprit s'en va
Je le libère
Et puis j'y retourne
Sans relâche
J'ai envie d'aboutir
J'ai besoin d'y croire
J'ai besoin de croire que ce que j'écris donne du sens à la vie.
J'ai besoin d'espérance.

Une parataxe, mais qu'est-ce donc ? Une bête à poil qui ne demande qu'à ce qu'on la caresse ?...
Une parataxe est une construction par juxtaposition, sans qu'un mot de liaison  indique la nature du rapport entre les phrases.
Voici la mienne. Et la vôtre, à quoi ressemble t-elle ?





* Les mots cités en vert sont des éléments imposés au départ. Ceci pour montrer que l'on peut écrire sous contraintes.

par Maud C. publié dans : Matières à réfléchir
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le blog de la nénette ailée

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